Cancer de la prostate

Il s’agit du premier cancer de l’homme avec 70 000 cas par an en France et près de 8000 décès par an. Il existe de nombreux profils évolutifs en fonction de l’âge et de l’agressivité de la lésion qui permettent cependant d’envisager dans certains cas une simple surveillance ou une abstention thérapeutique et dans d’autres cas un traitement.

A quoi sert la prostate ?

La prostate est une glande située sous la vessie , en avant du rectum utile à la formation du sperme et donc indispensable à la reproduction. De la taille d’une châtaigne à l’âge adulte, la prostate est traversée par le canal de l’urètre qui sert à l’évacuation de l’urine. Lorsque la prostate grossit, elle peut donc gêner la miction.

Qu’est-ce que le cancer de la Prostate ?

Le cancer de Prostate est le 1er cancer le plus fréquent en France devant le cancer du poumon. Ainsi un homme sur neuf présentera une forme clinique du cancer de prostate dans sa vie avec un âge moyen de diagnostic situé en général entre 60 et 90 ans.
Ce cancer est lié à un travail anarchique des cellules prostatiques qui se détournent de leur fonction de base et peuvent proliférer à distance et donner lieu à des métastases

Quels sont les symptômes du cancer de la Prostate ?

Au début de la maladie : aucun, c’est la raison pour laquelle votre médecin peut vous proposer un dépistage du cancer de la prostate (en particulier en cas d’antécédents familiaux) ou que vous pouvez lui demander de le faire.

Comment dépister le cancer de prostate ?

L’Association Française d’Urologie préconise chez les hommes entre 50 et 75 ans un toucher rectal et un dosage sanguin du PSA total tous les ans, et dès 45 ans s’il existe un risque familial ou ethnique. Le toucher rectal permet de percevoir une éventuelle anomalie liée à ce cancer qui se développe en général dans la partie périphérique et postérieure de la prostate qui est juste en avant du rectum.
Le PSA (Antigène Spécifique de la Prostate) est un marqueur biologique fabriqué uniquement par la prostate qui témoigne de l’activité de la glande. Une élévation de ce taux dans le sang permet d’identifier les patients à risque de cancer de prostate, mais peut être aussi perturbée par d’autres situations liées à l’infection, la grosseur de la glande ou le massage prostatique.

Les biopsies de prostate sont le seul moyen actuel pour prouver avec certitude la présence d’un foyer de cancer (en savoir plus sur les biopsies). D’autres examens comme l’IRM ou le dosage urinaire du PCA3 sont prometteurs, mais non encore validés pour le diagnostic de cancer.

La polémique du dépistage du cancer de la prostate et maintenant d’autres cancers :

L'intérêt du dépistage du cancer de la prostate suscite des discussions dans le monde médical. Le relais médiatique de ces interrogations va jusqu'à la polémique que l'on retrouve sur certains sites.

Les premiers résultats d'une étude randomisée Européenne portant sur plus de 160 000 patients viennent d'être publiés par Le New England Journal of Medecine: le dépistage apporte une baisse de la mortalité par cancer (ERSPC). Aucune étude n'ayant démontré un bénéfice d'un dépistage de masse de ce cancer, il ne faut pas en conclure qu'à l'échelle individuelle cette recherche est inutile. Car comme tous les cancers, celui de la prostate évolue avec à terme un risque vital.

Le dépistage est justifié pour les hommes de 50 à 70 ans. Il est nécessaire d'être suivi régulièrement pendant cette période de votre vie. La démarche est individuelle : il suffit de s'adresser à son médecin traitant pour faire un dosage sanguin du PSA Total et un examen endorectal de la prostate. Votre médecin collabore avec son correspondant urologue pour ensuite affiner le dépistage en fonction de votre "niveau de risque". Ce niveau de risque dépend de plusieurs paramètres, il augmente par exemple si vous avez des antécédents familiaux de cancer prostatique. C'est alors qu'on peut vous proposer la réalisation de biopsies de prostate.

Comment traiter le cancer de prostate ?

Comme l’évolution du cancer prostatique est souvent longue même en l’absence de traitement et que nombre de ces tumeurs peuvent demeurer silencieuses toute la vie, les stratégies de prise en charge proposées sont modulées en fonction de l’espérance de vie. 
Lorsque le cancer est diagnostiqué très tôt, on peut envisager une simple surveillance dite “active”, au prix de biopsies de prostate itératives. Lorsque le cancer est localisé et présente des critères d’évolutivité, un traitement adapté peut éradiquer la maladie.

> La chirurgie

La Prostatectomie consiste en l’ablation complète de la glande prostatique. Cette chirurgie est proposée en première intention aux patients les plus jeunes. Cette opération peut maintenant être réalisée par coelioscopie et parfois avec un robot piloté par le chirurgien (Robot Da Vinci).
Le but est d'offrir une meilleure qualité de dissection et un abord dit "mini-invasif", même si aucune étude ne prouve aujourd'hui de différence entre la chirurgie conventionnelle, la chirurgie coelioscopique ou robot assisté. C'est surtout une question d'habitude et de pratique du chirurgien et de son équipe.
Au sein de notre équipe, nous avons des spécialistes pour chacune de ces techniques qui sont systématiquement proposées. Les troubles possibles après la chirurgie sont la dysérection (perturbation de l'érection) et les fuites urinaires dont la fréquence est bien moindre qu'elle ne l'était il y a plusieurs années.

> La radiothérapie

L’irradiation de la glande par radiothérapie aboutit à une destruction de la tumeur prostatique. Elle se déroule sur 2 mois en moyenne. Les complications sont surtout les irritations urinaires et digestives et dans une moindre mesure les troubles de l’érection (qui apparaissent 2 ans après les rayons) et les fuites urinaires. Elle peut être proposée également en cas de récidive de la maladie même de nombreuses années après la chirurgie ou en traitement complémentaire à la chirurgie, si l’analyse au microscope de la prostate qui a été retirée par le chirurgien, montre des signes d’agressivité importants. Le contraire n’est par contre pas toujours vrai, la chirurgie après irradiation rend la dissection extrêmement difficile dans des tissus très remaniés rendant les résultats fonctionnels, en terme d’érection et de continence, plus aléatoires.

La radiothérapie seule est un traitement à visée curative au même titre que la chirurgie et elle est proposée préférentiellement après 75 ans et au cas chez des sujets plus jeunes après discussion en réunion de concertation pluridisciplinaire.

> La curiethérapie

Ce traitement agit par une application de grains radioactifs placés dans la prostate sous anesthésie en une séance. Il s’agit d’une radiothérapie interne de la prostate. Elle est effectuée conjointement avec le Centre Léon Berard.
Cette technique est réservée à des lésions faiblement à moyennement agressives chez des patients qui présentent une prostate de petit volume ou n’ayant jamais eu de résection de la prostate. En cas de progression ultérieure de la maladie, il n’est pas possible de réaliser de chirurgie complémentaire dans de bonnes conditions. L’indication est donc systématiquement discutée en réunion de concertation pluridiscipliaire.

> Les ultra-sons focalisés

Cette méthode est en cours d’évaluation , elle applique à la glande prostatique un faisceau d’ondes focalisé à haute intensité par voie endo rectale sous anesthésie générale après une réduction de la taille de la prostate par voie endoscopique transurethrale.

Lorsque le cancer est plus évolué : les traitements précédents sont insuffisants et il est souvent proposé de réaliser un traitement hormonal réalisant une castration chimique pour bloquer la prolifération de la tumeur.

Contenu modifié le 09/07/15

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